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Une mission pour procurer une eau plus saine au Pérou

« C’était sans conteste une expérience multiculturelle. Les représentants municipaux du Pérou ont tenu à partager leur expérience en matière de traitement des eaux, les traditions de leurs communautés et leurs pratiques culturelles », a raconté Justin Rak-Banville, un spécialiste de l’eau travaillant pour WSP à Winnipeg.

 


Figure 1: Travailler avec les représentants municipaux pour mieux comprendre la qualité de leur eau a été déterminant pour la réussite du projet.

En mars dernier, dans le cadre d’une mission menée conjointement avec la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Justin s’est rendu sur plusieurs sites d’approvisionnement en eau de régions rurales du Pérou afin d’évaluer d’un point de vue technique et opérationnel les sources d’eau, les méthodes de traitement et les systèmes de distribution de cinq administrations locales différentes.

L’initiative s’est concrétisée en octobre 2015, lorsqu’une équipe d’experts municipaux canadiens s’est rendue dans deux régions de la sierra péruvienne, Ancash et Cusco. Au sein de la délégation se trouvait un client de WSP, directeur général de la ville de Teulon au Manitoba. Alors que l’opération visait à identifier les zones prioritaires en matière d’opportunités et de renforcement des capacités dans le cadre du programme Collectivités inclusives et durables en Amérique latine (CISAL), la nécessité d’établir un accès à des ressources en eau potable dans la province de Chumbivilcas (région de Cusco) s’est révélée évidente. Dès son retour au Canada, notre client a sollicité l’aide de professionnels et de spécialistes en traitement des eaux de WSP pour des missions à venir dans les régions rurales du Pérou. La planification et les préparatifs ont commencé sans tarder dès novembre 2015 et au mois de mars de l’année suivante, Justin s’envolait pour le Pérou.

 

Réduire les inégalités au niveau de l’accès à l’eau

Dans les régions rurales du Pérou, l’accès sécuritaire et fiable à l’eau potable est un enjeu important. Alors que la population urbaine s’élevait à environ 25 millions en 2015, quelque sept millions de Péruviens vivaient toujours en milieu rural. D’importantes inégalités existent entre les résidents du milieu rural et ceux du milieu urbain. Il en découle une stratification illustrée par les données de l’OMS et l’UNICEF, qui estiment que moins de 25 % de la population rurale a accès à des ressources en eau potable alors que plus de 90 % des citadins en bénéficient. Les habitants de la région de Cusco font partie de ces populations rurales affectées.

Selon Justin, « les possibilités limitées d’éducation, un paysage aride et escarpé, le transport et un financement inadéquat contribuent à décourager la commercialisation ou les institutions économiques souvent nécessaires au financement des attentes en ce qui concerne les services de distribution de l’eau (approvisionnement, désinfection et distribution). » De plus, ces inhibiteurs ont également réduit l’accès aux instruments et aux outils qui auraient autrement rendu possibles l’approvisionnement, le traitement et la gestion de l’eau à un haut niveau de qualité.

 

La mission

Chaque administration locale avait entre deux et quatre sources d’eau ou réseau d’alimentation en eau à faire évaluer, ce qui incluait l’identification de méthodes d’amélioration des systèmes d’approvisionnement en eau dans le but de fournir une eau de qualité de manière plus fiable et efficace aux citoyens. En outre, la mission comportait d’autres objectifs bien précis. En tant que membre de la délégation canadienne, Justin a rendu visite à chacune des administrations locales partenaires pour effectuer une évaluation de leurs réseaux de distribution de l’eau. Des rencontres avec les maires et le personnel municipal ont eu lieu dans de nombreuses communautés de la région de Cusco afin de mieux comprendre la gestion et l’exploitation de chacun de ces systèmes. Les visiteurs se sont rendus sur des installations d’entreposage, de traitement et de distribution de l’eau au plus fort de la saison la plus pluvieuse du Pérou. Chaque visite se concluait par des rétroactions et des recommandations professionnelles aux gouvernements locaux partenaires quant aux démarches à entreprendre pour améliorer ces réseaux d’un point de vue technique et opérationnel. Dans la mesure du possible, une formation et une assistance de base ont été offerts afin de contribuer à améliorer les pratiques courantes.

« Au fil de nos déplacements sur ces différents sites, les employés municipaux enregistraient nos discussions et nos constats. L’importance de la désinfection, du temps de contact et du contrôle de la concentration de chlore résiduel constituaient des thèmes récurrents qui, de toute évidence, retenaient l’attention », se rappelle-t-il. À Cusco, les outils mis à la disposition du personnel pour évaluer la présence de résidus reposaient sur des méthodes traditionnelles, suivies de l’ajout de désinfectants chaque semaine ou chaque mois, alors qu’au Canada, les eaux traitées sont souvent désinfectées dès leur production.


Figure 2: On désinfecte un plus grand réservoir en versant une solution d’hypochlorite au volume apparent d’eau.

« Je me suis déplacé avec un analyseur de mesure électrochimique de chlore libre, moins sensible aux interférences et plus précis que le diéthyl-p-phénylènediamine, ainsi qu’avec un analyseur de mesure électrochimique du plomb, un conductimètre à solides dissous totaux et d’une sonde de pH. J’ai pu me servir de ces outils afin d’appuyer les méthodes traditionnelles et renforcer la nécessité d’effectuer des tests pour détecter la présence de résidus de désinfectant », ajoute-t-il. Les résultats, obtenus immédiatement, ont donné lieu à la création d’une plateforme pour conversations concernant la formation, les pratiques opérationnelles et le besoin de désinfection. « C’est malheureux, mais dans le cadre de cette mission, il a été impossible de faire des tests de contamination microbienne sur le terrain. Cependant, si j’avais à revenir, j’apporterais un style de trousse pour mesurer les coliformes/l’E. coli/l’adénosine triphosphate pour démontrer le besoin de désinfecter, sujet qui a grandement intéressé mes homologues du Pérou! », explique-t-il.

 

La prochaine étape : WSP favorise un partenariat durable avec les CISAL

Justin s’affaire présentement à rédiger un rapport dans lequel il fait part de ses évaluations et recommandations pour chaque ville visitée par les experts canadiens. La FCM traduira le rapport pour les communautés, et leur personnel de coordination l’assistera en assurant le suivi par le biais de questions et de mesures d’action. Justin espère revenir sur place assez rapidement pour être utile et continuer à soutenir ces communautés, à apprendre d’elles.

 

À propos du projet CISAL

Le projet CISAL a été mis en place par la FCM et fondé par Affaires mondiales Canada dans le but de mobiliser des experts municipaux canadiens à travailler avec leurs homologues de Colombie et du Pérou. Le programme quinquennal de 20 millions $ devrait continuer jusqu’en 2019.

Pour en savoir plus sur ce programme, veuillez prendre contact avec Justin Rak-Banville.