• LinkedIn
  • Twitter
  • Facebook
  • Youtube
 
Canada  
 
 
 
 
 

Le Développement Durable

 
 

Les gouvernements et les entreprises font face à des changements significatifs en lien avec des mégatendances comme la croissance démographique, l'urbanisation, les changements climatiques et les contraintes en matière de ressources naturelles. Nous aidons nos clients à comprendre et agir sur ces questions afin qu'ils puissent prospérer dans ce monde en constante évolution.

 
 

Substances toxiques nocives dans les matériaux de construction

février 12, 2016
 

L’article de Ben Campbell, gestionnaire de projets en Bâtiment, concernant l’effet des matériaux de construction sur la santé humaine a récemment été publié dans le Design Quarterly. L’article illustre la préoccupation grandissante que constitue l’effet de l’environnement bâti sur la santé et le bien-être des humains. Il offre également des moyens pouvant être mis en place par les professionnels de l’industrie pour aider à remédier au problème.

 

L’effet des matériaux de construction sur la santé humaine

Certains matériaux de construction contiennent-ils des substances toxiques nocives? 

Le lundi 11 janvier 2016  |  par Ben Campbell

 

 

L’effet de l’environnement bâti sur la santé et le bien-être des humains est un sujet qui prend de plus en plus d’importance. Alors que l’industrie du bâtiment tente de répondre aux nouvelles demandes concernant la santé et le bien-être humain, l’utilisation de matériaux de construction et de finition variés s’est dégagé comme un concept important.

Quel est le problème? Un problème émergent consiste à savoir si un matériel donné contient des substances toxiques — des produits chimiques synthétisés ou concentrés par la fabrication qui sont nocifs pour la santé humaine à doses relativement faibles. Les substances toxiques peuvent produire leurs effets pendant la fabrication, l’utilisation ou l’élimination d’un produit. Elles peuvent être cancérigènes ou avoir d’autres effets sur la santé des systèmes respiratoire, neurologique, endocrinien ou tout autre système du corps humain. Pensez à un espace de bureau typique : la peinture sur les murs peut émettre des composés organiques volatils (COV); les panneaux de particules peuvent contenir du formaldéhyde; le plancher peut contenir des phtalates; et l’ameublement est souvent enduit d’ignifugeant. Tous contiennent potentiellement des substances toxiques. Ce n’est que la pointe de l’iceberg. Il a été affirmé que les effets sur la santé de la grande majorité des composants de fabrication sont peu connus.

De nombreuses études ont démontré que réduire l’exposition aux substances toxiques apporte des bénéfices réels et mesurables pour la santé. Une étude récente montre que la réduction d’émissions de COV dans un environnement de travail permet augmenter la cognition de façon significative, ce qui est intéressant pour un employeur dont le budget de fonctionnement dépend presque entièrement du coût et de la productivité des employés. Le système de soins de santé est également allégé par des mesures telles que l’élimination du formaldéhyde, qui a été démontré comme réduisant les symptômes d’asthme de plus de moitié. Plusieurs études affirment que, dans l’ensemble, ce genre de mesures d’intervention est beaucoup plus rentable que le traitement clinique d’une maladie.

En tant qu’industrie, nous sommes plus confiants lorsqu’il s’agit de parler des effets environnementaux liés aux produits que nous utilisons. Les données associées au contenu recyclé ou aux matériaux régionaux sont par exemple devenues monnaie courante. Mais on ne peut en dire autant à propos des données concernant les effets sur la santé humaine. L’industrie évite à présent quelques-unes des « pires » substances, comme le plomb et l’amiante, en raison de réglementations gouvernementales. Même pour ces produits, plusieurs décennies ont été nécessaires entre l’identification scientifique des risques posés pour la santé et la mise en place de mesures réglementaires. En revanche, très peu de réglementations régissent l’utilisation des substances toxiques mentionnées auparavant.

Que peut faire un professionnel en Bâtiment? Heureusement, des cadres se mettent en place pour aider les professionnels à compiler les données et contribuer à une solution.

Le système de classement LEED, par exemple, récompense depuis longtemps les projets de construction utilisant des produits réduits en VOC et sans urée formaldéhyde. Jusqu’à récemment, le concept plus large des substances toxiques n’avait cependant pas été bien abordé. La dernière version du LEED v4 présente un nouveau crédit, le « Material Ingredients » (composition du matériel), qui récompense les projets comportant au moins 20 produits pour lesquels le fabricant a déclaré l’entièreté de leurs composants. Ceci peut sembler banal, mais c’est en fait une pratique atypique. Les manières les plus courantes pour un fabricant de déclarer les composants sont de passer par la Déclaration sanitaire de produit (HPD), une publication en ligne ou une base de données comme Pharos, ou d’obtenir une certification par des tiers comme Cradle to Cradle. Il existe plusieurs sites web contenant des bases de données de produits déclarant l’entièreté de leurs composants, tels que GreenWizard, Pharos et la base de données de produits de Cradle to Cradle.

Avec ce même nouveau crédit, un projet tendant vers le LEED v4 peut recevoir une récompense supplémentaire en choisissant des produits qui démontrent un faible risque pour la santé humaine. D’autres systèmes d’évaluation des bâtiments écologiques comme les normes de construction WELL et le Living Building Challenge offrent des systèmes de récompenses similaires.

Que devez-vous savoir? Nous devons commencer à traiter les matériaux de la même façon que l’efficacité énergétique — ce qui a un effet sur plusieurs disciplines dans un projet et requiert de la coordination, une planification initiale et une pensée critique afin d’atteindre les résultats désirés.

À court terme, les équipes de projets peuvent mettre à profit leurs efforts de sélection des produits pour récompenser la transparence des composants et aider à rendre cette pratique courante auprès des fabricants. Le but ultime de la transparence est que les fabricants investissent davantage d’efforts dans la création de produits plus sains. À long terme, les équipes devront développer leurs connaissances pour évaluer précisément les bénéfices d’un produit et les risques basés sur l’information déclarée par le fabricant.

La bonne nouvelle est que plusieurs fabricants anticipent déjà cette tendance en offrant plus de données et de renseignements sur les composants ainsi que les effets de leurs produits sur la santé.

Ben Campbell est un gestionnaire de projet avec l’équipe Immeubles durables de WSP au Canada. Se spécialisant dans les bâtiments commerciaux nouveaux et existants, son expérience comprend plus de 30 projets LEED, y compris LEED version 4.

Pour plus de renseignements sur cet article, veuillez communiquer avec Ben Campbell.